jeudi 6 août 2020

La stratégie du complot

Cela fait maintenant une quinzaine d'année que les maîtres de l'économie le savent : la croissance, c'est fini. C'est comme les cours de l'or ou du café, il y a des pics, des creux mais ça ne monte jamais jusqu'au ciel (ça tombe parfois dans l'abîme, quand la rareté cède la place à l'abondance).

Nous en sommes là avec l'argent : il y a surproduction d'argent et la "politique de l'offre" peine à produire suffisamment de marchandises inutiles pour absorber cet argent, qui reste immobile, ce qui pour le capitalisme s'appelle la mort.

Le capitalisme ne veut pas mourir ou plutôt ceux qui profitent de cet étrange système veulent qu'il dure, éternellement. Jusque là, l'illusion de l'ascenseur social, du rêve américain, du self-made-man parti de rien permettait de croire que le salut par la fortune était à portée de main pour qui voulait bien la tendre.

Mais sans croissance, pour que cette illusion perdure, il faudrait "redistribuer" les richesses qui existent déjà ! Et ça, ce n'est pas dans le logiciel capitaliste.

Alors depuis toutes ces années, les neurones les plus chers du monde cogitent : comment faire durer un système économique qui ne promet plus rien ? 

Il y a les tenants de la méthode douce, qui veulent intégrer au logiciel une partie des revendications, les moins couteuses, des "citoyens". Ici, on accepte un peu de green-washing, là on promet un tapis d'aides sociales - le moins épais possible. Ailleurs on crée un "medicare" pour tempérer la grogne.

Mais la grogne a continué à monter. 

Les capitalistes, qui connaissent l'histoire, ont eu peur. Ce sont donc les faucons qui sont montés aux créneaux. Pour eux, c'est simple : la minorité parasite, qui contrôle l'économie et donc la survie de l'humanité, doit faire sécession. Il faut se protéger des émeutiers, des manifestants, des gilets jaunes, des démocrates, des crasseux, bref, des peuples, pour pouvoir continuer à faire de bonnes petites affaires entre amis. Quitte à construire des murs. Avoir abattu celui de Berlin n'était finalement pas si progressiste !

La méthode s'appelle "Remote control". En français "télécommande". 
Et c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est la télé qui commande. Ou plus exactement ceux qui parlent dedans, qui nous "donnent des ordres et, fort harmonieusement, viennent nous dire ce qu'ils en pensent". 

La conclusion des faucons fut sans appel : il y a sur terre encore trop de population et pas assez de robots. La survie du sytème de domination capitaliste exige beaucoup de robots et peu de main d'oeuvre : quelques programmeurs, quelques ouvriers de maintenance et le jardin d'Eden - une sorte de Disneyland porno - existera. Pour eux seulement. Pour toujours.

Il n'est jamais venu à l'idée de ces crétins surdiplômés qu'une autre gestion, plus pacifique, de la planète Terre et de ses occupants était possible, envisageable, et même souhaitable. Leur mission, kafkaïenne, ubuesque, absurde : que la totalité des richesses produites par les pauvres continue d'inonder le compte en banque des riches. 
Ils ont bâti un corpus d'artifices réglementaires et législatifs pour cela, et leur victoire est proche. La planète sera bientôt un désert et ils survivront dans un Xanadu idyllique, séparés de l'affreuse réalité des humains, pour l'éternité.

Donc, se débarrasser de 50% de l'humanité, cette partie la plus pauvre qui possède moins qu'une vingtaine de nababs cocaïnés à moitié dingues... Mais comment ? Le Goulag, les camps d'extermination, ça finit par se voir et se savoir, ça ferait mauvais genre. Même les catastrophe naturelles ne sont pas assez gourmandes en vies humaines.

Les maîtres du capitalisme connaissent l'histoire et possèdent désormais tous les moyens de l'écrire.  Comment tuer en masse sans que personne ne soit responsable ? Quelques jeunes neurones ont suggéré la peste bubonique. Ils ont été virés, mais l'idée a fait son chemin. Habituer les populations à vivre avec un ennemi mortel à leur porte, à leurs côtés. Des microbes, inconnus, dangereux, capricieux, aveugles. Qui tuent sans état d'âme. Qui surgissent à l'improviste. S'en vont et reviennent à leur guise. 

Voilà le scénario qui a reçu l'Oscar. Nous sommes les acteurs, ou plutôt les figurants, de cette superproduction. Par la télé, il est possible de nous terroriser, un peu comme l'avait fait Orson Welles en annonçant le débarquement des extra-terrestres. Il suffit de quelques mots-clés, répétés en boucle, et le doute, puis la panique s'installent. Ensuite on teste l'hébétude et la soumission, on élimine les sceptiques, les récalcitrants : 3500 euros d'amende si tu ne mets pas un Kleenex sur ton visage, six mois de prison si tu récidives : il y a un virus mortel qui rôde... 

Evidemment, pour qui sait lire un scénario, celui-ci regorge d'absurdités, d'invraisemblances, de contradictions. Mais qu'importe, puisque c'est la télé qui commande.

Le film aurait été parfait et crédible sans un emmerdeur de toubib marseillais qui a tout foutu par terre.
Hollywood avait misé gros sur ce Blockbuster : Big-Pharma fourbissait ses seringues, Bill Gates allait vacciner la terre entière (mais pas ses enfants...). Et patatras, une tisane malgache, une molécule retraitée, et ce virus, pas plus terrible que la grippe, pouvait être soigné en quinze jours... 

Alors, ce furent les grands moyens : confinement (ce qui, sans tests, multiplia les contagions), interdiction de traiter (Doliprane et dodo...), médicaments à l'index (les seuls qui avaient une efficacité) et rabâchage de contre vérités anti-scientifiques sur les ondes... Boum : 30.000 morts !

Quand il est question conserver le pouvoir, peu importe le nombre de victimes. Ça aussi c'est écrit dans l'histoire.

 



 

lundi 22 juin 2020

Méfiez-vous du philosophe !

Donc, le nouvel ennemi, l'intellectuel à abattre, ou à "brûler" selon l'article du "Grand Continent", sur le bûcher des hautes valeurs morales de La Gauche – bien-pensante, toujours ! – c'est désormais Michel Onfray, le "néo-nationaliste".



Non pas Onfray le prof qui a quitté l'Éducation Nationale pour créer l'Université Populaire afin de lutter contre le FN, ouvrant ainsi les portes de la philosophie aux prolétaires ; non pas l'auteur du "Traité d'Athéologie", intouchable ; pas non plus le nietzschéen hédoniste, roué à la contre-attaque, ni l'auteur  de la "Brève Encyclopédie du Monde" – pas touche aux best-sellers ! Non : Michel Onfray le journaliste :  celui de "Penser l'Islam", de "Grandeur du Petit Peuple" et récemment de "Front Populaire". Michel Onfray, le Stakhanov de la plume, le ténia des media, celui qui se pique d'informer et d'édifier hors-cadre mainstream sur la réalité du monde. Quelle insolence pour un philosophe !

Sa faute ? Penser à gauche, en dehors des clous plantés par "La Gauche" dans le cercueil du peuple, ce peuple qu'elle a abandonné en rase campagne quand, perplexe, il s'est enfin autorisé à lui demander des comptes.

Que lui reproche-t-on, précisément ? De prendre la défense des petites gens contre les clercs et les élites autoproclamées, de dire et de prouver que la démocratie s'est éloignée des Français en quittant Paris pour Bruxelles. Que la-dite démocratie, c'est inéluctablement l'expression d'un peuple souverain sur un territoire géographiquement et politiquement constitué. Et que cette expression trouve sa vérité indépassable dans l'exercice du référendum. 
Ce que proclame également notre Constitution, soit dit en passant. 

En réalité, derrière cette vitrine, finalement athénienne, ce que la Nomenkaltura médiatique ne supporte pas chez Onfray, c'est qu'il ait toute la rhétorique à sa disposition en magasin, et donc régulièrement, contre les journalistes parisiens, le dernier mot. Qu'il les prive ainsi de leur fonction principale : l'info-tainment : le formatage ludique de l'opinion, la manipulation douce, le mantra hypnotique, le sommeil de la raison.

Veux-t-on lui faire avouer qu'il est nationaliste ? Il précise les termes : nationaliste, c'est chauvin, voire xénophobe ; souverainiste, c'est démocrate. Veux-t-on le coincer dans l'angle populiste ? Il s'érige contre les populicides, ceux qui ont balayé le référendum de 2005 deux ans plus tard, avec la même morgue à droite qu'à gauche. Quel que soit le cadre que les media lui tendent, Onfray dépasse, déplaît, agace.

Dernièrement, la team-media croit tenir le piège ultime contre lui : un débat en direct avec le vilain Zemmour. Qu'ils tombent d'accord et l'extrémisme de l'un révélera le nationalisme de l'autre ; qu'ils s'affrontent et d'une pichenette, l'arbitre du débat fera basculer l'un dans le camp des gauchistes anti-patriotes, puisque l'autre est notoirement néo-fasciste ! 
Là encore, mauvaise pioche : le débat, pour contradictoire qu'il fut, resta policé. Serein. Civil.

Spoliée du buzz attendu, la team-media se fendit d'articles et d'éditos assassins. S'ils échangeaient sans s'écharper, ce n'est pas parce qu'ils se respectaient assez pour s'écouter, mais évidemment parce qu'ils partageaient les mêmes valeurs ; s'ils participaient du même "style souverainiste", c'est qu'ils pensaient la même chose. S'ils n'avaient pas la bave au lèvres, c'est qu'ils étaient complices ! La poignée de main de Montoire pointait le bout de son gant...

Espérant creuser un peu plus leur tombe et ramant à grands coups de stylos, certains analystes voulurent détailler cette connivence supposée : ils falsifiaient tous les deux l'histoire dans le sens qui convenait à leur programme idéologique, probablement commun ! Onfray le Girondin, un anti-Robespierre donc, serait attiré par les fumets sulfureux du Boulangisme, cet ancêtre de la Cagoule. C'était limpide... comme l'encre d'un stylo !

Outre que l'histoire – "ce brouillard qui jamais ne sédimente" – est sans cesse en mouvement selon qui la regarde, selon les passions et les espérances du temps, il existe autant d'historiens que d'histoires : des historiens de droite et d'autres de gauche ne disent forcément pas la même chose de mêmes événements, d'un même personnage. Que deux intellectuels, politiquement opposés, puissent partager certaines perceptions de notre passé, quel scoop ! Et quand ils divergent, s'ils restent courtois, c'est bien qu'il n'y a désaccord que de façade, sinon c'en est fini du clash, du buzz et du manichéisme en politique. Bref, de la télé !

La faute inaugurale de "La Gauche" depuis quarante-cinq ans, Onfray la révèle et la corrige avec "Front Populaire". C'est ce qu'elle ne lui pardonnera pas : quarante-cinq années d'erreurs, de reniements et d'abandon du peuple.
Quelles erreurs ? De s'être complue dans le spectacle du combat fratricide entre la droite et l'extrême-droite, et de s'être assoupie sur les lauriers confortables de la moraline au lieu de poursuivre, rose et faucille au poing, l'âpre combat politique. De s'être "embourgeoisée" !

Il était urgent de comprendre la désaffection du peuple envers "La Gauche", et de "La Gauche" envers le peuple. Reprendre le débat impliquait de renouer avec ceux auxquels "La Gauche" avait depuis trop longtemps tourné le dos en se bouchant le nez (!). 
C'est ce travail ingrat mais indispensable et stimulant que tente Onfray avec "Front Populaire".

En accueillant dans ses colonnes la droite, la gauche et quelques extrêmes, Onfray renoue avec le combat pied à pied, en intellectuel fantassin. On tente de le comparer à ce que l'histoire a conservé de plus trouble parmi ces tentatives de rapprochement : au Général Boulanger, qui attira socialistes et nationalistes, et auquel le défunt Zeev Sternhell imputa imprudemment la naissance du national-socialisme ; ce qui est fort hasardeux, tant ce mouvement syncrétique n'eut pas le temps de livrer une idéologie politique structurée lors des cinq pauvres années qu'il dura. 
Et puis, qui sait comment apparaitra le Boulangisme dans les luttes à venir, pour les historiens du futur ?

L'Histoire dira si cet ultime effort pour "fédérer le peuple" permettra de redynamiser la démocratie française, ou si cette dernière s'est définitivement flétrie, fossilisée, perdue dans le labyrinthe Bruxellois. L'Histoire, et certainement pas les media.


dimanche 29 mars 2020

Relativisme scientifique (ou "pourquoi nous n'allons pas tous mourir... tout de suite")

Traduction d'un article du "Off-Guardian" à partir d'interviews de praticiens, chercheurs, scientifiques, étonnés par les décisions gouvernementales... inappropriées.



"Le nouveau pathogène n'est pas si dangereux, il l'est encore moins que Sars-1. La particularité est que le Sars-CoV-2 (Covid 19) se réplique dans la partie supérieure de la gorge et est donc beaucoup plus contagieux car le virus saute de gorge en gorge, pour ainsi dire. Mais c'est aussi un avantage: parce que Sars-1 se réplique dans les poumons profonds, il n'est pas si infectieux, mais il pénètre définitivement dans les poumons, ce qui le rend plus dangereux."
Prof. Hendrik Streeck 

"Les mesures anti-COVID19 du gouvernement sont grotesques, absurdes et très dangereuses […] L'espérance de vie de millions de personnes est raccourcie. L'impact horrible sur l'économie mondiale menace l'existence d'innombrables personnes. Les conséquences sur les soins médicaux sont profondes. Déjà, les services aux patients dans le besoin sont réduits, les opérations annulées, les consultations vides, le personnel hospitalier diminue. Tout cela aura un impact profond sur toute notre société. Toutes ces mesures conduisent à l'autodestruction et au suicide collectif basés sur rien d'autre qu'un fantôme."
Dr Sucharit Bhakdi

"Les politiciens sont courtisés par des scientifiques… des scientifiques qui veulent être importants pour obtenir de l'argent pour leurs institutions. Des scientifiques qui se contentent de nager dans le courant dominant et qui veulent leur part […] Et ce qui manque en ce moment, c'est une façon rationnelle de voir les choses.
Nous devrions poser des questions comme « comment avez-vous découvert que ce virus était dangereux?», «Comment était-il avant?», «N'avions-nous pas la même chose l'année dernière?», «Est-ce même quelque chose de nouveau?»
Ça manque."
Dr Wolfgang Wodarg

"Je n'ai jamais rien vu de tel, rien de semblable à ça. Je ne parle pas de la pandémie, car j'en ai vu 30, une chaque année. Cela s'appelle la grippe. Et d’autres virus des maladies respiratoires, nous ne savons pas toujours ce qu’ils sont. Mais je n'ai jamais vu cette réaction, et j'essaie de comprendre pourquoi.
Je m'inquiète du message au public, de la peur d'entrer en contact avec les gens, d'être dans le même espace que les gens, de leur serrer la main, de rencontrer des gens. Je m'inquiète de nombreuses conséquences liées à cela.
À Hubei, dans la province de Hubei, où le nombre de cas et de décès a été de loin le plus élevé, le nombre réel de cas signalés est de 1 pour 1000 personnes et le taux réel de décès signalés est de 1 pour 20 000. Alors peut-être que cela aiderait à mettre les choses en perspective."
Dr Joel Kettner

"Les patients qui ont été testés pour le SRAS-CoV-2 sont de manière disproportionnée ceux qui présentent des symptômes graves et de mauvais résultats. Comme la plupart des systèmes de santé ont une capacité de test limitée, le biais de sélection peut même s'aggraver dans un avenir proche.
La seule situation où une population entière fermée a été testée était le bateau de croisière Diamond Princess et ses passagers en quarantaine. Le taux de létalité était de 1,0%, mais il s'agissait d'une population largement âgée, dans laquelle le taux de mortalité de Covid-19 est beaucoup plus élevé.
Le taux de mortalité de Covid-19 pourrait-il être aussi bas? Non, disent certains, soulignant le taux élevé chez les personnes âgées. Cependant, même certains coronavirus dits bénins ou à rhume commun qui sont connus depuis des décennies peuvent avoir des taux de létalité atteignant 8% lorsqu'ils infectent des personnes âgées dans des maisons de soins infirmiers.
Si nous n'avions pas connaissance d'un nouveau virus et si nous n'avions pas vérifié les individus avec des tests de PCR, le nombre total de décès dus à une «maladie de type grippal» ne semblerait pas inhabituel cette année. Tout au plus, nous aurions pu remarquer avec désinvolture que la grippe cette saison semble être un peu pire que la moyenne."
Dr John Ioannidis

"L'Italie est connue pour son énorme morbidité dans les problèmes respiratoires, plus de trois fois n'importe quel autre pays européen. Aux États-Unis, environ 40 000 personnes meurent au cours d'une saison régulière de la grippe et jusqu'à présent, 40 à 50 personnes sont mortes du coronavirus, la plupart d'entre elles dans une maison de soins infirmiers à Kirkland, Washington.
Dans chaque pays, plus de personnes meurent d'une grippe régulière que celles qui meurent du coronavirus.
Il y a un très bon exemple que nous oublions tous: la grippe porcine en 2009. C'était un virus qui a atteint le monde depuis le Mexique et jusqu'à aujourd'hui il n'y a pas de vaccination contre lui. Mais quoi? À cette époque, il n'y avait pas de Facebook ou il y en avait peut-être, mais c'était encore à ses balbutiements. Le coronavirus, en revanche, est un virus ayant des relations publiques.
Quiconque pense que les gouvernements arrêtent la diffusion des virus se trompe."
Dr Yoram Lass

"Nous avons des chiffres fiables d'Italie et un travail d'épidémiologistes, qui a été publié dans la célèbre revue scientifique " Science ", qui a examiné la propagation en Chine. Cela montre clairement qu'environ 85% de toutes les infections se sont produites sans que personne ne s'en aperçoive. 90% des patients décédés ont de façon vérifiable plus de 70 ans, 50% plus de 80 ans.
En Italie, une personne sur dix diagnostiquée meurt, selon les résultats de la publication Science, qui est statistiquement une personne sur 1000 infectées. Chaque cas individuel est tragique, mais souvent - comme pour la saison de la grippe - il affecte des personnes en fin de vie.
Si nous fermons les écoles, nous empêcherons les enfants de devenir rapidement immunisés.
Nous devons mieux intégrer les faits scientifiques dans les décisions politiques."
Dr Pietro Vernazza

"Je ne suis pas fan du confinement. Quiconque impose quelque chose comme ça doit également dire quand et comment le terminer. Puisque nous devons supposer que le virus sera avec nous pendant longtemps, je me demande quand nous reviendrons à la normale ? Vous ne pouvez pas fermer les écoles et les garderies jusqu'à la fin de l'année ! Parce qu'il faudra au moins aussi longtemps avant d'avoir un vaccin. L'Italie a imposé un confinement et a l'effet inverse : ils ont rapidement atteint leurs limites de capacité, mais n'ont pas ralenti la propagation du virus pendant le confinement."
Frank Ulrich Montgomery

"Le problème du SRAS-CoV-2 est probablement surestimé, car 2,6 millions de personnes meurent d'infections respiratoires chaque année, contre moins de 4000 décès pour le SRAS-CoV-2 au moment de la rédaction du présent document.
Cette étude a comparé le taux de mortalité du SRAS-CoV-2 dans les pays de l'OCDE (1,3%) avec le taux de mortalité des coronavirus communs identifiés chez les patients AP-HM (0,8%) du 1er janvier 2013 au 2 mars 2020. Le test du chi carré a été réalisée et la valeur P était de 0,11 (non significative).
Il convient de noter que des études systématiques d'autres coronavirus (mais pas encore pour le SRAS-CoV-2) ont révélé que le pourcentage de porteurs asymptomatiques est égal ou même supérieur au pourcentage de patients symptomatiques. Les mêmes données pour le SRAS-CoV-2 pourraient bientôt être disponibles, ce qui réduira encore le risque relatif associé à cette pathologie spécifique."
Dr Yanis Roussel 

"Je suis profondément préoccupé par le fait que les conséquences sociales, économiques et de santé publique de cet effondrement presque total de la vie normale - écoles et commerces fermés, rassemblements interdits - seront durables et calamiteuses, peut-être plus graves que le bilan direct du virus lui-même. La bourse va rebondir dans le temps, mais de nombreuses entreprises ne le feront jamais. Le chômage, l'appauvrissement et le désespoir qui en résulteront seront des fléaux de santé publique de premier ordre."
Dr. David Katz

"Considérez l'effet de la fermeture indéfinie des bureaux, des écoles, des systèmes de transport, des restaurants, des hôtels, des magasins, des théâtres, des salles de concert, des événements sportifs et d'autres lieux et de laisser tous leurs travailleurs au chômage et sur la liste publique. Le résultat probable ne serait pas seulement une dépression, mais une rupture économique complète, avec d'innombrables emplois perdus de façon permanente, bien avant qu'un vaccin ne soit prêt ou que l'immunité naturelle ne s'installe.
La meilleure solution consistera probablement à laisser les personnes à faible risque de maladie grave continuer à travailler, à maintenir les activités commerciales et manufacturières en fonctionnement et à «diriger» la société, tout en conseillant en même temps aux individus à haut risque de se protéger par l'éloignement physique et augmenter notre capacité de soins de santé de la manière la plus agressive possible. Avec ce plan de bataille, nous pourrions progressivement renforcer l'immunité sans détruire la structure financière sur laquelle nos vies sont basées."
Michael T. Osterholm 

"Notre principal problème est que personne n'aura jamais de problèmes pour des mesures trop draconiennes. Ils n'auront des ennuis que s'ils en font trop peu. Donc, nos politiciens et ceux qui travaillent avec la santé publique font beaucoup plus qu'ils ne devraient le faire.
Aucune mesure draconienne de ce type n'a été appliquée pendant la pandémie de grippe de 2009, et elles ne peuvent évidemment pas être appliquées chaque hiver, ce qui est toute l'année, car c'est toujours l'hiver quelque part. Nous ne pouvons pas fermer définitivement le monde entier.
S'il devait s'avérer que l'épidémie s'atténuerait avant longtemps, il y aurait une file d'attente de personnes voulant s'en attribuer le mérite. Et nous pouvons être sacrément sûrs que des mesures draconiennes seront à nouveau appliquées la prochaine fois. Mais souvenez-vous de la blague sur les tigres. "Pourquoi soufflez-vous la corne?" "Pour éloigner les tigres." "Mais il n'y a pas de tigres ici." "Voilà!"
Dr Peter Goetzsche


dimanche 9 février 2020

La Gauche se meurt...

Il faudra un jour faire l'historique de la dégénérescence de la Gauche française, pour établir comment elle en est venue à finalement préférer défendre des bigots fascistes contre une adolescente athée et rebelle.
L'origine, selon moi, de cette déchéance abjecte est à chercher dans son arrogance immense à se croire ontologiquement fondée à exercer le magistère du "bien" absolu : sa mission, forcément sublime, libératrice, émancipatrice, ne pouvait que s'accompagner de raisonnements incontestables, d'actions hautement morales et d'une altitude intellectuelle inaccessible au vulgaire ; cette arrogance, cette vanité qui lui permettaient de se proclamer "le sens de l'histoire" ! En cela, cette Gauche sentait le messianisme... Le problème, c'est que l'histoire n'a aucun sens !
Arriva, un jour - pourtant issu de ses propres calculs stratégiques ! - l'exact contraire de ce à quoi la Gauche se croyait destinée : le Front National.
Là où elle se déclarait internationaliste, il voulait fermer les frontières ; là où elle était ouverte et accueillante, il souhaitait limiter l'immigration et le droit d'asile ; là où elle débordait de générosité, il entendait conditionner ses largesses et les réserver au peuple français.
Trop heureuse d'avoir scindé la Droite, la Gauche oublia d'envisager l'inéluctable retour du balancier et engrangea un temps les victoires électorales. L'ivresse du succès balaye les doutes et émousse l'intelligence. Cette gauche triomphante - enfin ! - cessa d'analyser la dynamique électorale qui gonflait le FN, ce qui précipita sa conversion au manichéisme politique : puisqu'elle était le "bien", le FN était le "mal".
On ne négocie pas avec le mal, on le combat, on le détruit. Du moins, selon la morale religieuse. Incapable de contrôler sa créature, la Gauche lui tourna le dos, la décréta "antirépublicaine", la méprisa, et voulut circonscrire l'infection virale derrière un "cordon sanitaire" - empruntant déjà à l'extrême-droite sa conception biologisante de la société !
On décida ainsi que parler d'immigration, ce serait "faire le jeu du FN".
Et le FN progressa.
Que s'occuper prioritairement des français en souffrance, c'était "faire le jeu du FN".
Le FN progressa.
Que s'inquiéter des territoires perdus de la République, c'était "faire le jeu du FN".
Le FN progressa... Et ne pas débattre avec le FN, n'était ce pas se couper de son électorat ? N'était-ce pas éviter de réfléchir à ses thématiques, ce qui eût permis d'inventer des solutions socialement acceptables ?
On parvint ainsi à une telle inversion des principes que défendre les valeurs de la République devint une forme de racisme, affirmer la laïcité devint du colonialisme, invoquer l'universalisme, de la xénophobie, combattre l'Islamisme - une idéologie clairement totalitaire - du fascisme !
Désertant ce qui faisait son socle progressiste, la Gauche abandonna en rase campagne une part de son propre électorat, socialo-communisto-prolétarien, furieux de la béance entre son discours et ses actes. Le FN prospéra sur cette friche.
Ainsi, commençant à perdre du terrain, il fallut au camp du Bien se chercher un électorat de substitution, une nouveau peuple opprimé à qui vendre ses salades émancipatrices. Elle le trouva dans les banlieues, dont jusque là elle n'avait eu que faire. À coup de "Touche pas à mon pote", elle crut combattre le FN par des slogans clinquants et médiatiques. Le FN prospéra.
Dès lors, La Gauche n'entendit plus la voix du prolétariat souffrant, trop "populiste" à son goût, voix couverte par les sirènes du show-biz multiculturel ; prolétariat qui se tournait de plus en plus, à chaque élection, vers le Front national. Elle lui abandonna non seulement le petit peuple, mais des pans entiers de politique culturelle et sociétale. Elle s'amputa elle-même de sa mission originelle : secourir les plus méprisés, offrir l'égalité des chances, instruire les moins éduqués.
Passée à l'économisme - "il n'y a de politique qu'économique !" - oubliant le culturel, la lutte des classes et tout Karl Marx, pour valoriser l'Entrepreneuriat, c'est à dire la bourgeoisie, la Gauche se réveilla un beau matin au milieu d'un champ de ruines : deux fois en quinze ans le FN lui avait grillé la politesse d'un second tout aux présidentielles !
Elle s'offrit même le ridicule de produire le seul président sortant qui, incapable de défendre quoi que ce soit de son bilan, fut contraint à ne pas se représenter ! Poussé vers la sortie par ses commanditaires, il s'en retourna dans son terrier, bourse vide mais portefeuille bien rempli.
Une erreur d'analyse ne vient jamais seule. Plutôt que renouer avec son électorat natif, la Gauche s'en éloigna encore davantage : il était impie ? Elle se fit bigote ; il était inculte ? Elle se fit cuistre et jargonnante ; il était pauvre ? Elle installa un banquier à l'Élysée.
Celui-ci, parvenu au sommet de l'État, n'eut rien de plus urgent que de le dissoudre.
De facto, il dissolvait la Gauche !
Ayant refusé de comprendre, de débattre, de composer avec l'électorat qu'elle avait déçu, trahi, auquel elle avait menti, la gauche mourut politiquement. Il n'en resta que les lambeaux idéologiques, ici un peu plus écologiste, là-bas un peu plus sociale, paralysée partout par les traités ultra-libéraux de l'Union des Républiques Sociodémocrates Européennes (URSE).
Aujourd'hui exsangue de son universalisme, de son élan vers le progrès moral et social de l'Humanité, vers l'extension des libertés individuelles et le retour de la souveraineté populaire, la Gauche est grabataire, sénile, et radote deux ou trois vieilles formules auxquelles personne ne croit plus. Là ou s'exprime la volonté du peuple, elle ne lit plus "démocratie" mais "populisme". Là où les forces vives du pays dénoncent la nouvelle inquisition islamiste qui piétine la laïcité, elle gémit "racisme !" par réflexe. Là où les féministes sont battues et emprisonnées pour oser lutter contre le patriarcat, elle bafouille "liberté des femmes à refuser la liberté"...
Il ne lui reste en effet que cette dernière carte à jouer pour ne pas sombrer dans les eaux glacées du calcul électoral, qui stagne à moins de 5% des suffrages exprimés : défendre des bigots fanatisés, homophobes, misogynes, violents, les plus opposés aux valeurs fondatrices de la gauche, les plus menaçants pour la république...
La Gauche se meurt, la gauche est morte !

mercredi 4 septembre 2019

Le contresens


Une partie de la gauche extrême s'est découverte une soudaine aversion pour la laïcité. La raison en est tellement simple qu'elle a du mal à être admise par les commentateurs politiques : c'est parce que le FN en a fait un étendard afin de combattre les immigrés en provenance du monde musulman. En bref, les Arabes et les Africains.

Ça ne devrait pourtant étonner personne. Cette gauche a cessé de réfléchir depuis l'irruption sur la scène politique française du Front National, en 1984, où la liste de Jean-Marie Le Pen a fait une percée inattendue à près de 11% des suffrages. Elle en est restée sidérée. Cette gauche maladroite se contente depuis trente ans de gesticuler et d'aboyer "contre le FN", de surtout "ne pas faire le jeu du FN" : il est raciste et d'extrême-droite ? Il suffit d'être "antifa" et "anti-raciste" et de contredire absolument tout ce que peut proposer le FN. Il prône la proportionnelle ? Finalement, le suffrage majoritaire a des vertus ! Cette gauche a fini par remplacer son corpus idéologique original - justice sociale dans le respect des valeurs de la République - par un fatras de mesures sans cohérence interne, pourvu qu'il soit en contradiction frontale avec celui de l'extrême droite.

La première décision dans ce sens est à mettre au crédit du PS, ou plutôt de son think-tank "Terra Nova", qui a un triste jour décidé qu'il fallait abandonner l'électorat populaire au FN et aux lambeaux du PC, pour courir au devant de l'électorat social-démocrate, bon chic, bon genre, et surtout plus fortuné. De là, une dérive droitière qui ne s'est jamais démentie depuis lors, François Hollande en étant le point d'orgue, Emmanuel Macron la coda.

Aujourd'hui, cette incapacité de réfléchir est toujours fièrement exhibée : il aura suffit que le parti de Marine le Pen s'empare de la loi de 1905, rempart contre l'entrisme religieux en politique, pour qu'immédiatement la laïcité exhale des fragrances de soufre et que certains y perçoivent des relents de racisme...

L'extrême-gauche, jamais avare de contresens, y a même décelé une atteinte à la liberté des musulmans intégristes d'imposer leurs mœurs, dogmes et croyances religieuses dans la sphère sociale, oubliant sans doute que les religions ne font tout simplement pas partie de la république, et que la seule chose que peuvent réclamer des croyants à l'état français – précisément grâce à la loi de séparation ! – c'est le libre exercice de leur culte.

Utilisant l'argument du racisme pour contraindre la politique française à revenir sur la loi de laïcité, il n'a pas fallu longtemps à cette gauche rance, rancunière et revancharde, pour remplacer la lutte des classes par la soumission au communautarisme islamiste. Engrangeant sans discernement la novlangue farcie d'islamophobie, de décolonialisme et de luttes intersectionnelles, l'extrême-gauche pense ainsi s'être refait une virginité prolétarienne à peu de frais - ne seraient les contradictions flagrantes avec le logiciel marxiste !

Étrangement, seule Lutte Ouvrière a su éviter le naufrage, en identifiant correctement les éléments politiques présents sur l'étalage : le communautarisme fait le jeu des racistes et mine la république ; les religions sont le prozac du prolétariat ; l'islamisme est financé par les pétromonarchies ; l'idéologie de la charia est contraire aux droits humains (violente, sexiste, homophobe, obscurantiste, dictatoriale...) ; l'islamisme tue, sans discernement, et ne propose aucune révolution sociale contre l'ordre capitaliste !

Mais pour être de gauche aujourd'hui, il faut et il suffit, simplement, de renier les valeurs de la gauche d'hier ! Il ne suffit plus de ne pas être raciste, il faut être anti-raciste et pro-racisés ; et si possible avoir honte d'être français et blanc ! Il ne faut plus être laïque, mais multiculturaliste, en oubliant au passage que "la laïcité a produit plus de libertés que ne l’a fait aucune religion investie du pouvoir politique ou ayant l’oreille complaisante de ce dernier." (Catherine Kintzler).

Parce que pour cette gauche aujourd'hui, être progressiste c'est seulement se positionner à l'exact opposé de ce qu'est le Front national ! 

Je ne doute pas une seule seconde que si le FN appelait un jour à l'égalité des salaires H-F ou à un plafonnement des hauts-salaires patronaux (ce qu'à dieu ne plaise...), on verrait immédiatement surgir ces hordes gauchistes pour affirmer qu'une disparité salariale est conforme à l'esprit révolutionnaire et que si on travaille plus, eh bien, il est normal de gagner plus !

vendredi 14 juin 2019

Savoir lire le présent


La mondialisation économique que nous vivons aujourd'hui est la déclinaison tactique, pas à pas, par les décideurs politiques, d'une stratégie de confiscation de toutes les richesses collectives par ceux qui en possèdent déjà plus de la moitié ; stratégie élaborée par l'école Autrichienne (Hayek, Von Mises, Rothbard) et mise en œuvre aux USA sous la présidence de Nixon (fin de la convertibilité dollar-or) et poursuivie depuis par les Républicains comme par les Démocrates (Clinton : fin de la séparation banque d'affaire-banques de dépôts). Reagan et Thatcher furent les instigateurs de la mondialisation de ce projet. Macron n'est, en France, qu'un accélérateur de cette stratégie, qui s'écrasera contre deux murs.
Il s'agit d'une stratégie politique mondiale visant à défaire la puissance des États et des lois nationales pour lui substituer, au niveau planétaire, la seule loi du "marché" et la seule puissance des entreprises multinationales, par le commerce.
On peut voir très clairement cette stratégie mise en œuvre par la Commission européenne, dans sa volonté d'aboutir tôt ou tard à un (faux) état fédéral, dont les nations deviendraient de simples provinces : ce qui était un marché commun doit devenir un marché unique ; pour cela, les législations nationales doivent, non pas s'harmoniser, mais disparaître au profit de lois supranationales, hors démocratie.
L'exemple du CETA et du TAFTA sont la preuve, parmi d'autres, que c'est le seul "marché" qui décide désormais des politiques publiques, nationales et internationales.
Et le citoyen, là-dedans ? L'école Autrichienne a toujours considéré la démocratie non comme un but mais comme un moyen : nous constatons aujourd'hui que le marché a suffisamment établi sa domination pour se passer de la démocratie. Les politiciens ne sont plus que les gardiens et les garants d'une population maintenue en capacité de travailler, pour nourrir, voire distraire, la caste dirigeante. Comme le disait un grand compositeur américain : "la politique, c'est le département divertissement du complexe militaro-industriel".
Nous sommes donc parvenus à un régime très similaire à celui dont rêvait la jeune bourgeoisie d'entreprise au XIXe siècle : un réservoir pléthorique de main d'œuvre, pauvre, peu instruit et corvéable à merci, maintenu en capacité de produire par une classe très minoritaire mais très opulente, ayant confisqué à son profit toutes les richesses matérielles, culturelles et symboliques disponibles.
Voilà la photo instantanée de nos sociétés libérales avancées.
Mais "tout ce qui existe mérite de finir" disait Hegel, et le capitalisme triomphant ne fera pas exception : un obstacle l'attend constitué de deux couches de matériaux durs qu'il n'est pas en capacité de briser, de corrompre, de maîtriser ni d'influencer.

• Le mur de l'argent, qu'aucune armée ne saura défendre quand la confiance en la monnaie - et donc dans les dirigeants - aura disparu, suite à la prochaine crise bancaire, insurmontable dans le cadre politique actuel.

• Le mur de la biodiversité - la Terre est UN écosystème - qui touchera rapidement l'existence même de l'espèce humaine, sommée de faire appel à toute sa raison pour survivre, après avoir longtemps cru que des "dieux" (?) lui avaient donné l'usage exclusif d'une planète où elle n'est qu'un maillon de la fragile chaîne biologique : juste le dernier singe apparu au cours de l'évolution !

Nous aurons donc bientôt à décider, ensemble : croire à des bonimenteurs et accepter leur dictature, comme nous l'avons toujours fait jusqu'ici ; ou croire en notre capacité d'auto-organisation collective et tenter une nouvelle organisation sociale par la démocratie directe.

Dans les deux cas, mon conseil : achetez-vous vite un beau lopin de terre où vous pourrez cultiver votre jardin.

jeudi 29 novembre 2018

Le lent naufrage de la marchandise



C'est au cours de la dernière décennie que l'arnaque s'est révélée en pleine lumière dans le paysage politique français. Sa première occurrence médiatique fut l'œuvre de Laurence Parisot alors patronne des patrons, dans une interview donnée au "Monde". Elle indiquait très clairement qu'il fallait en finir avec un certain modèle économique qui ne générait plus de croissance, et passer à "une autre économie".

La seconde occurrence fut l'annonce officielle de la mise en oeuvre du projet patronal par le premier président de la République qui n'osa pas tenter un second mandat, son bilan se taisant pour lui.

Cette arnaque, comme souvent en matière économique, venait des USA où elle avait connu son heure de gloire avec l'avènement d'un acteur, non pas à Hollywood où sa médiocrité n'était pas mise en doute, mais à Washington d'où elle pourrait bientôt rayonner sur le monde !

L'économie est assez généralement définie comme "l'ensemble des moyens de production et d'échanges des biens et des services permettant la satisfaction des besoins humains". On peut dire également que c'est "l'histoire de l'humanité vue sous l'angle de la satisfaction de ses besoins". 

Mais il s'est alors trouvé, lors de ces décennies passées,  que la satisfaction des besoins humains ne produisait pas suffisamment de croissance pour, rapidement et d'un même mouvement, gaver les nantis et détruire la nature ! 

Il fallait donc inverser l'équation et décider que le but de l'économie n'était plus de satisfaire des besoins, mais d'écouler des productions : il fallait passer d'une économie de la demande - qui tendait à rester stable - à une économie de l'offre - qui offrirait une croissance infinie et la transformation de la Terre, nécessaire, en marchandises, contingentes !

Plutôt qu'attendre l'émergence des besoins, on allait produire des biens et des services, puis en susciter l'achat par le marketing, la publicité, l'hypnose, la peur, le lavage de cerveau, l'intimidation... (les techniques sont multiples et les media omnipotents.)

Le président pusillanime fit une synthèse habile en proposant une "politique de l'offre", c'est à dire un package sous blister de la production de marchandises combinée au gouvernement du pays, où ni le consommateur ni le citoyen n'aurait plus aucune part à prendre : on venait de leur expliquer à tous deux, limpidement, qu'on se foutrait désormais de leur opinion !

Nous commençons aujourd'hui à percevoir toute la finesse de l'opération, poursuivie et amplifiée par Emmanuel Macron, accompagnée des résultats merveilleux qu'il était loisible d'en attendre : la paupérisation des classes exploitées, l'explosion nucléaire des inégalités, la dégradation irréversible de l'environnement, et le peuple qui prépare son insurrection...

Croire qu'un acteur de western médiocres était capable de conduire l'humanité sur la voie d'une prospérité sans fin est une illustration éblouissante de ce dont sont capables les économistes : entraîner l'espèce humaine à la destruction. 

Marx l'avait d'ailleurs annoncé de manière plus concise : "l'économie politique est le reniement achevé de l'Homme".