jeudi 26 juillet 2018

Vous n'êtes pas obligés de me croire...


Vous n'êtes évidemment pas obligés de me croire, je suis un très mauvais pronostiqueur, en foot comme en politique. 
Mais ce coup là, je l'avais vu arriver.
Les circonstances particulières de ma vie personnelle n'y étaient sans doute pas étrangères : j'était amoureux d'une autre, ma femme avait une liaison, et nous nous préparions, alors que j'approchais de la soixantaine, à mon premier divorce ; deux enfants, trente ans de vie commune. J'envisageais également de quitter le Parti socialiste, qui n'était déjà plus un parti si jamais il avait été socialiste...
Bref, une configuration nouvelle, une projection dans un avenir inattendu, une tournure d'esprit soudain rafraichie.
Et un contexte politique étrange : un président duquel j'avais en 2014 annoncé la chute vers les oubliettes (Hollande, le pays bas).

Mais celui dont il est ici question, c'est bien évidemment de son successeur, Emmanuel Macron.


Quand je l'avais vu pointer son museau, pressenti par Hollande pour succéder à Montebourg, j'avais flairé l'embrouille : un secrétaire général de l'Élysée, jeune, falot, sans fief électoral, bombardé à Bercy, ça sentait trop fort la mise en orbite. Quelques semaines plus tard, un happening médiatique montrait Hollande couvant son petit protégé, et ne tarissant pas d'éloges...

C'est là que ça a fait "Tilt" ! Je me suis dit "tiens, il prépare son plan B !" Une jolie marionnette, sans talent politique, capable d'obéir, qui lui devra son ascension : Hollande se prépare à ne pas se représenter, en cas de sondages désastreux ; et à mettre un ventriloque à sa place.

Et puis immédiatement, j'ai pensé : "C'est trop gros, ça va se voir, les media vont désamorcer le pétard illico !"
Pas un mot, pas un bruit. Toute la classe médiatique a fait silence. Ils ont regardé ailleurs. 

Ils savaient...

Et à ce moment, probablement à cause de ma situation nouvelle, j'ai pensé différemment. 

Et je me suis souvenu de cette phrase de Frank Zappa, un compositeur américain : "La politique, c'est le département divertissement du complexe militaro-industriel".
Hollande ne décidait de rien. Le petit banquier lui avait été imposé par la grande banque. Si les indices du président ne s'arrangeaient pas, on lui dirait de laisser la place, les enjeux étaient trop importants et il n'était pas de taille : il n'était ni capitaine d'industrie, ni gestionnaire de fonds, ni milliardaire ! 
Si pour la population Hollande apparaissait comme une étoile brillante du firmament politique, pour les décideurs du casino mondial il n'était qu'un vague croupier, pas même un directeur des jeux ! 


Je n'ai pas pensé "complot" ou "conspiration", je me suis dit : "ces gens protègent leurs intérêts, ils mettent des gens de confiance aux postes de décision de la banque, de la politique et des media". 
Tout plutôt que la gauche et la fin de leur domination.

À partir de là, le théâtre s'est mis En Marche. On a monté les curseurs media de Le Pen et Macron, bousculé ceux de Hamon et Mélenchon, torpillé Fillon... Et les banquiers ont mis un des leurs dans le fauteuil de l'Élysée !

Seulement, leur inculture politique n'avait pas anticipé l'attitude de sale gosse parvenu du nouveau président, qui entendait bien montrer à tous qui il était : un sale gosse parvenu.


La crise politique actuelle trouve ses racines dans l'ascension trop rapide d'une mauvaise graine, dans les calculs un brin foireux des maîtres de l'économie mondiale : la politique, ce n'est pas QUE du show-business. Il y a des peuples derrière, des citoyens, des forces sociales en interactions, une Histoire.

Et ça, ça n'apparait pas sur leurs bilans comptables.




lundi 8 janvier 2018

Pour en finir avec le complotisme.



Pendant des décennies sinon des siècles, la "théorie du complot" a largement failli à expliquer les aléas du monde, quand tant d'autres explications, militaires, économiques, sociales, techniques, "sociétales", offraient aux événements une grille de lecture mieux adaptée et plus conforme aux évolutions que chacun pouvait constater.



Cette fameuse "théorie du complot", réactionnaire, fut à juste titre réfutée, ridiculisée et réservée aux pauvres en esprit - auxquels, comme on le sait, "le royaume des cieux appartient". Imaginer une conspiration internationale d'hommes en noir, tirant les ficelles d'un théâtre de marionnettes pour amuser la multitude et la détourner des véritables affaires du monde, était une rêverie d'esprits malades ou de dégénérés abâtardis, jaloux de quelques belles réussites ou aigris de leur trop nombreux échecs : des ratés, en quelque sorte.

Que quelques philosophes et penseurs élaborent des théories expliquant par la simple politique des échanges de produits concurrents, la richesse des nations et leur mouvement vers le progrès fut un temps satisfaisant. Les deux guerres mondiales du XXe siècle, qui ont vu l'effondrement de nombreuses illusions, ont pu raviver la paranoïa du conspirationnisme, notamment après l'avènement du communisme et l'instauration de la guerre froide : Mac Carthy et Edgar Hoover - ils n'étaient pas les seuls - voyaient des complots communistes absolument partout ! Or il y en avait fort peu.

Avec la paix retrouvée, le théorie économique et quelques sociologues permirent à nouveau d'évacuer cette chimère délirante, qui ne revint sur le devant de la scène qu'avec l'irruption de l'âge digital et de la "toile d'araignée mondiale" : l'Internet. On doit aux auteurs d'anticipation et de politique-fiction l'essentiel de cette résurgence : ils ont compris très vite quelle tyrannie du contrôle ce nouvel outil  numérique était en mesure de fournir aux pouvoirs politiques. Et il semble qu'ils ne se soient pas trompés.

Parce qu'il ne faut surtout pas croire que ce qui fut absurde par le passé soit condamné à le rester toujours ! L'histoire est constellée de pensées farfelues ou ineptes devenues avec le temps des certitudes indépassables ; de la terre plate à l'héliocentrisme, de l'atomisme Lucrécien à la mécanique ondulatoire de de Broglie (d'abord raillée comme une "comédie française"... mais qui lui valut le Nobel de physique), de la théorie de l'évolution à celle des germes pathogènes microscopiques...

Hélas oui, aujourd'hui, tout est en place pour faire de la théorie du complot une explication satisfaisante de la folle course de ce monde vers l'abîme : l'internet et la cryptographie numérique ; l'accumulation de plus en plus de richesses et de pouvoirs en de moins en moins de mains ; le contrôle de chaque individu par le programme "Echelon" et le traitement des "big-data" ; une mondialisation économique qui standardise la politique des états et le consumérisme des individus ; enfin la télévision et les media, propriétés quelques milliardaires, qui diffusent toujours et partout le même message hypnotique : "travaillez, fermez-la, on s'occupe du reste". Ce "complot" n'est finalement que la défense bien comprise des intérêts d'une caste qui risquerait de perdre la tête si elle perdait le pouvoir...

Il est tout aussi stupide de voir des complots partout que de n'en discerner nulle part ; à l'heure où l'impunité des conspirateurs leur permet même de montrer en pleine lumière leurs véritables objectifs et leurs méthodes ignobles, sans aucun risque de les compromettre. Il s'agit simplement de maintenir l'asservissement d'une masse de pauvres afin qu'elle continue de produire la vie rêvée d'une minorité de riches.  Rien d'autre. Ce que Debord avait d'ailleurs fort bien théorisé à la fin des années 80 : "Autrefois, on ne conspirait jamais que contre un ordre établi. Aujourd’hui, conspirer en sa faveur est un nouveau métier en grand développement. Sous la domination spectaculaire, on conspire pour la maintenir, et pour assurer ce qu’elle seule pourra appeler sa bonne marche."

La "bonne marche", la finalité de ce complot, auquel nous participons chacun à notre place, consiste à transformer ce monde en marchandises, les marchandises en monnaie, la monnaie en colonnes de chiffres.

Si ce projet ne vous convient pas, il est peut-être temps de réagir...

mercredi 26 juillet 2017

La dette ?.. Quelle dette ?

C'est une logique que tout le monde peut comprendre : la France est endettée et pour rembourser sa dette, il lui faut soit augmenter les impôts, soit réduire les dépenses publiques.

Le raisonnement parait imparable, d'autant plus quand il prend la forme d'un syllogisme :
• La France est endettée
• or elle doit rembourser sa dette
• donc elle doit réduire son train de vie
Imparable, on vous dit.

Mais là, une autre logique, moins formelle peut-être, entre en jeu : la logique empirique, quasi-scientifique puisqu'issue de l'expérience. Et que dit-elle, cette logique empirique ? 
"ON NE POURRA PAS REMBOURSER CETTE DETTE." 
Et de nombreux économistes, pour ne pas dire tous, sont d'accord sur ce constat : cette dette n'est pas remboursable en principal, seulement en intérêts. C'est à dire ? Que parvenue à 100% des richesses produites par la France en un an (le PIB), la dette, comme Achille avec la tortue, est devenue irrattrapable, puisqu'il faut continuer à l'accroître pour en rembourser seulement les intérêts : le paradoxe de Zénon contre le syllogisme de Socrate !


Maintenant, raisonnons par l'absurde : imaginons que nous devions rembourser intégralement cette dette auprès de nos créanciers le plus vite possible. 
Comment l'État pourrait-il rembourser rapidement deux mille deux cent vingt cinq milliards d'euros, sachant que son budget est d'environ trois cent quatre-vingt milliards ?.. Une division toute bête : 2225 / 380 : il faudrait que le budget de l'État soit versé aux créanciers en intégralité pendant presque six ans. En considérant bien sûr que pendant ces six années le PIB reste à peu près inchangé, donc les recettes de l'État également.

C'est là que le bât blesse.

Si le budget de l'État ne rembourse que la dette, il ne fait rien d'autre pendant six ans ! Pas d'investissements, pas d'infrastructures, pas de salaire aux fonctionnaires (5,4 millions d'employés...), pas de dotations aux collectivités, pas de subventions aux entreprises, pas un sou d'indemnité aux élus...

Impossible de créer la moindre richesse avec une telle saignée. Donc les recettes choient, dès les premiers mois de la première année, et on retrouve le serpent de mer plus venimeux encore qu'auparavant : dette irremboursable... puisque le pays est exsangue, à genoux, ruiné !
Aujourd'hui les politiques disent "oui, la situation est tendue, c'est pourquoi nous devons jouer finement sur les curseurs." En jouant "finement sur les curseurs", c'est à dire en remboursant 45 milliards d'intérêts par an, il faudrait 50 ans pour rembourser... si on ne continuait pas à emprunter chaque semaine.  
Or, chaque jour, la France continue d'accroître la dette à raison de 2665 euros PAR SECONDE !
Et la majeure partie de la dette actuelle est constituée des intérêts que l’État a versé annuellement au titre de sa dette depuis 1979 ! Donc la spirale, par quel que bout qu'on la prenne, est quasi infinie.




"Mais", me direz-vous, "si on ne peut pas rembourser, pourquoi faire semblant ?" C'est très simple.
Parce que ça permet aux banques de s'enrichir (elles prêtent à taux bas, mais à taux quand même), ça permet aux livres de comptes d'être équilibrés, et surtout... ça permet aux gouvernements de pressurer les citoyens ! De les culpabiliser ; de leur faire cracher le peu qu'ils gagnent ; de continuer à faire travailler 99% des gens pour enrichir les 1% les plus riches...
De prolonger le "système de domination".

La dette est donc un leurre. 
De nature politique et non économique. Nécessaire pour que les privilégiés conservent leur mode vie somptuaire. Mis en place par les propriétaires de la monnaie (les banques, les investisseurs, les quelques 8000 personnes qui possèdent 80% des richesses du monde) avec la complicité de leurs obligés, les politiciens et les media.

Tant que les gouvernants diront "il faut réduire les services publics parce que notre dette s'accroît", ils vous diront en face qu'ils se moquent de vos problèmes, de votre santé, de l'éducation de vos enfants. Que ce qui compte, c'est d'enrichir les riches.
Mais eux, ils n'ont pas vos problèmes : ils n'utilisent pas les services publics !

Un peuple d'Europe a récemment répudié sa dette, presque intégralement. 
Il en a également profité pour virer sa classe politique, rédiger une nouvelle Constitution et mettre quelques banquiers en prison. 
C'est le pays d'Europe qui est le plus vite sorti de la crise de 2008 : son taux de croissance, au dernier trimestre 2016, était de 11,3%. ONZE VIRGULE TROIS !..
En outre, c'est un pays souverain qui a dit "non" à l'€uro et à l'U.E.

À mon humble avis, c'est peut-être un exemple que nous devrions suivre...

samedi 20 mai 2017

Que se passe-t-il ?

Difficile de comprendre ce qui se passe actuellement en France sans regarder l'évolution récente de la planète : la mondialisation économique est terminée, elle a montré ses lacunes immenses et ceux qui en ont éhontément profité cherchent à maximiser leurs gains.

Cette caste multinationale, qui décide de tout et gouverne partout, a finalement compris une chose : "tout ce qui existe mérite de périr" (Hegel). D'abord à cause de la crise des ressources humaines et naturelles qui s'épuisent ; ensuite à cause de la concentration confiscatoire des richesses dans un très petit nombre de mains : l'injustice sociale, et l'insécurité qu'elle génère.
Il faut donc, vite, se mettre à l'abri.

Il sera difficile de s'abriter du dérèglement climatique, grandement dû à la dérégulation du droit économique, mais déjà, certains s'y emploient : la caste mondialisée et apatride se cherche des sanctuaires protégés de la météo et des simples mortels : "la seule patrie des riches, c'est l'argent", dit-on. Ils iront donc vivre là où se trouve leur trésor, aux Bahamas, au Panama, à Singapour... À Cuba !

Mais tous ont bien conscience que leurs jours en tant que maîtres sont sans doute comptés. Il veulent, discrètement, filer avec le magot, s'exfiltrer en douce vers les paradis fiscaux qu'ils ont bâtis sous les tropiques, à l'écart du droit, des pauvres et des pollutions diverses.

C'est pour cela qu'on assiste actuellement en France à une "fire-sale", cette grande braderie des valeurs morales et des principes politiques. Il n'y a plus de gauche ni de droite dans un avion qui tombe : il y a les membres de l'équipage et de la classe "affaires", qui ont un parachute, et les passagers qui n'en ont pas. Les premiers suivent le commandant pendant que les seconds hurlent de terreur :
voilà le résultat de l'élection présidentielle.

Beaucoup de passagers, croyant comprendre ce qui se joue et voulant en être, suivront comme des moutons les membres d'équipage, malgré l'absence de parachute :
voilà le résultat des législatives !
La désillusion sera proportionnelle à la hauteur de la chute.

Pendant que cette caste tente de faire durer son bon plaisir, d'autres forces sociales s'organisent pour préparer la survie, sans chefs et sans argent. Mais les maîtres leur auront laissé une police et une armée bien équipées pour éviter que "le peuple se découvre en tant que classe dominante".

Parce que pour continuer à faire travailler les pauvres, malgré la perte cruelle de toutes leurs illusions, il faudra bien finir par utiliser la force !

samedi 6 mai 2017

L'ultra-libéralisme veut-il notre mort ?

Les politiques de l'Union Européenne, qui dictent leur conduite aux gouvernements nationaux, se construisent sur une idéologie économique unique, le "libéralisme", majoritaire au sein des partis de droite. Les partis de gauche, qui eussent préféré un social-libéralisme, voire un authentique socialisme garantissant l'égalité des citoyens, sont partout en déroute.
Les partis libéraux, forts de leurs succès électoraux vont pouvoir accélérer leur emprise sur l'appareil européen, et l'aboutissement logique de leurs efforts sera l'instauration du second étage de la fusée libérale : l'ultra-libéralisme.

Si on sait depuis Adam Smith ce qu'est la théorie libérale en économie, on se réfère généralement à Margaret Thatcher et à Ronald Reagan pour visualiser ce que sont les politiques ultra-libérales : dérégulation financière, abaissement des barrières douanières, réduction de l'intervention des États, privatisation des services publics, limitation du champ démocratique (pour plus de précisions économiques, voir l'école autrichienne, ses élèves, ses disciples).

Le but du libéralisme était de produire le bien-être de tous par la prospérité, en laissant agir la "main invisible du marché", et en faisant "ruisseler" cette prospérité de haut en bas.

Le but de l'ultra-libéralisme est tout autre : il s'agit de pousser jusqu'à ses limites la captation des richesses par une petite classe d'individus, déjà suffisamment riche pour pouvoir confisquer la monnaie et orienter son usage, déjà suffisamment puissante pour définir partout ce qu'est le droit ; in fine, pour se séparer du reste de l'appareil économique et juridique auquel se soumet le reste de l'humanité.

On pouvait critiquer le libéralisme en montrant qu'il s'apparentait à la prédation d'un renard dans un poulailler. On constatera que les ultra-libéraux se contentent de vouloir posséder l'intégralité du monde et de ses habitants.


L'ennemi de l'ultra-libéralisme est également le pourvoyeur de sa puissance : le peuple, le citoyen, le travailleur. Si la classe possédante passe parfois de mauvaises nuits, c'est qu'elle se sait à la merci d'une masse immense qui la déteste. Elle a jusqu'ici réussi à élever des digues et des remparts pour s'en protéger mais l'idéal ultra-libéral ne sera atteint que lorsque cette masse ne constituera plus une menace, qu'elle aura purement et simplement disparu.

La période étrange que nous vivons actuellement est la mise en œuvre de cette disparition.

Il faudra commencer par accumuler le plus de richesse possible dans le moins de mains possibles, afin d'en avoir le plus parfait contrôle (moins de cent personnes devront posséder plus que la moitié la plus pauvre des sept ou huit milliards d'humains). Il faudra utiliser toutes les ressources humaines et techniques pour diminuer le nombre de "producteurs de richesses" (par le chômage, la robotisation, la paupérisation, le suicide...). Puis, plus la manœuvre deviendra apparente, plus il faudra utiliser la classe médiatique, le divertissement et la désinformation pour détourner les soupçons, et entretenir la cécité, attiser les dissensions au sein de la multitude.

Et puis, quand tout l'appareil de production sera automatisé, robotisé, numérisé, il deviendra possible – enfin ! – d'éliminer totalement cette "charge sociale" si dangereuse et si pesante, devenue si inutile...

Évidemment, tout ça est un rêve, un rêve de riches, qui ne réalisera jamais !
Non pas parce qu'il faudra toujours faire travailler les pauvres pour que la classe oisive puisse continuer à l'être.
Non pas parce que les classes dominantes ont besoin de dominer d'autres classes pour se sentir exister. Même pas parce qu'un jour viendra où l'idéal de fraternité descendra sur l'humanité enfin réconciliée. Non, rien de tout ça.

Mais parce que viendra fatalement le moment, imprévisible, insoupçonnable, où, pendant que vous dormirez après avoir bu trop de Champagne ou de Daïquiri sur vos plages immaculées, ou trop festoyé dans les superbes clubs de vos cités sublimes, nous nous introduirons, nuitamment, silencieux, invisibles, dans vos palais de nababs.
Et nous vous dévorerons vivants, vous et vos enfants !

Nous avons déjà commencé à saper vos remparts, nous creusons déjà sous vos digues.

dimanche 30 avril 2017

Vers la mondialisation malheureuse !


La thèse de cet article est que nous n'avons pas besoin de gouvernement. Et que les temps difficiles que nous vivons sont une tentative violente et désespérée de la caste dirigeante pour nous persuader du contraire, afin de maintenir sa domination parasitaire.

Il y a deux façons d'Uberiser la société : publique ou privée.
Publique : l'État, une ville, une région crée des sites de mise en relation des besoins et des demandes. Les citoyens s'y croisent et y contractent. L'échange se fait de gré à gré. Si plusieurs pôles d'offres de services s'agrégeaient pour former des monopoles et déséquilibrer la relation contractuelle, les demandeurs réagiraient par l'organisation de boycotts, et de nouveaux opérateurs apparaitraient pour casser le monopole (c'est exactement ce qui s'est produit, sur le marché privé de la téléphonie mobile, avec l'irruption de "free"). Tout cela serait régulé publiquement et financé par l'impôt.

L'ubérisation privée est une poursuite de la relation de subordination instaurée par le "contrat de travail" mais sans la protection du contrat de travail, puisque sans contrat de travail ! C'est une conséquence de la volonté des opérateurs financiers de se débarrasser de la "masse salariale" (donc des salariés), pour augmenter à volonté leur marge bénéficiaire en confisquant une plus grande part de la richesse produite par le travailleur.
Le but ultime de l'opération : que chaque travailleur devienne une micro-entreprise indépendante, utilisable en tant que de besoin, et qu'il se charge lui-même de sa protection sociale selon ses moyens !
Ceux qui y voient une forme de la modernité ont oublié - ou jamais appris - ce qu'était le marché du travail entre le XVIe et le XIXe siècle : le travail à la tâche, ou à la pièce... ainsi que le cortège de misère, d'insécurité, de maladies, de violence, bref, de malheur que le droit du travail a réussi, à force de grèves, de révoltes puis de négociations, à soulager.

Mais nous sommes entrés dans un période de régression du droit, essentiellement due - pour ne pas dire uniquement - à la cupidité d'une classe possédante qui s'autorise à accaparer la quasi-totalité des richesses socialement produites. Une dizaine de ses membres possédant en personne autant de les 3,5 milliards d'humains les plus pauvres... Du jamais vu dans la galaxie !

Cette opération n'a été rendue possible que par la collusion des possédants et des politiques, dont l'objectif en terme d'existence est identique : le parasitisme (def. relation biologique entre deux êtres vivants où un des protagonistes — le parasite — tire profit d'un organisme hôte pour se nourrir, s'abriter et/ou se reproduire. Les organismes qui ne sont pas parasites sont qualifiés de « libres »).

Cette caste endogamique, qui est la seule à la surface du globe à produire le Droit, ne le produit qu'à son profit exclusif, au détriment de tous ceux qui, réellement, produisent, fabriquent, travaillent ; cela explique les circuits exotiques qu'emprunte la monnaie, les zones de convergence des grandes fortunes, les systèmes de rétribution différenciés, l'accumulation ciblée de la richesse.

La bonne nouvelle est que ce système de domination est en train de se fissurer, simplement parce qu'il pèse désormais sur la survie de l'humanité, qu'il devient de plus en plus difficile à justifier et que grâce à la circulation fluide et socialement homogène de l'information (contrairement à l'argent !), d'autres modèles de développement, porteurs de davantage de progrès et de justice, se font jour.

La mauvaise nouvelle, c'est que ce système inique tente par tous les moyens de perdurer, et qu'il ne rendra pas les armes avant de les avoir employées toutes : la désinformation pour empêcher l'opinion publique de se former ; le chantage pour effrayer et rançonner les plus faibles ; l'intégration fusionnelle de la classe politico-financière (ce qui se passe en ce moment dans l'élection présidentielle française) ; et finalement, la guerre, qui refera bientôt - hélas - son apparition en Europe.

La mondialisation économique, la "globalisation", ne durera plus très longtemps : ce fut une erreur funeste d'avoir voulu la construire contre les peuples, en espérant les uniformiser, sans égards pour leurs génies respectifs, leurs histoires, leurs géographies. Elle s'effondrera par pans, souvent dans la douleur, au fur et à mesure que de nouveaux modes d'organisation sociale fleuriront çà et là.
Sa plus éclatante défaite sera l'abandon final de l'économie monétaire, cause première du malheur des humains.
Ils n'oublieront jamais que ce mode de gestion de la planète Terre s'appelait : la "destruction créatrice".


lundi 30 mai 2016

Boycotter l'élection présidentielle de 2017 ?.. Chiche !





Tout le monde en convient : les dysfonctionnements de notre société sont nombreux, profonds, omniprésents. Ils résultent davantage de l'échec de notre système politique que des crises mondiales parce que nos institutions ne sont simplement plus en phase avec notre réalité sociale. Les avancées culturelles et technologiques de ces dernières décennies ont mis en lumière l'obsolescence, l'iniquité, l'inefficacité de notre mode de gouvernement et du fonctionnement de l'État.

En premier lieu, toute la dynamique politique française repose sur l'élection d'un homme, réputé providentiel : le président de la République, sorte de monarque constitutionnel, à la fois centre de gravité et clé de voûte de notre système de gouvernement. Il peut pourtant être adoubé par une minorité du corps électoral ; il peut aussi être élu sur un programme, puis en appliquer un autre sans devoir faire valider cette volte-face par les électeurs ; il peut choisir comme chef de gouvernement n'importe quelle personne, même désavouée par l'électorat ; il appartient lui-même à la classe sociale des représentants-non-représentatifs. Le passage du septennat au quinquennat a d'ailleurs accentué la pression de l'élection présidentielle sur notre calendrier politique, notamment parlementaire.

Ensuite, le Parlement, censé représenter l'ensemble des citoyens, n'est plus composé que des membres d'une seule classe sociale : la caste des citoyens aisés, fortunés, voire opulents. La représentation nationale n'est pas représentative du pays réel. Elle n'est donc pas apte à le comprendre : comment pourrait-elle résoudre ses difficultés ? Comment demander à ceux qui profitent des inégalités de les réduire ?

L'appareil d'État est ainsi dirigé par des intérêts étrangers aux aspirations profondes de la population : éducation de haut niveau, système de santé accessible à tous, protection des citoyens, sécurité sociale, contrôle de la qualité de l'environnement (air, eau, nourriture...etc), imposition progressive et équitable, justice rapide et impartiale, intégrité des dirigeants.

À tout cela, héritage des deux siècles postérieurs aux Lumières, s'ajoute aujourd'hui une volonté affirmée des citoyens de participer aux décisions politiques et au contrôle des budgets publics. La technologie et les moyens d'information et de communication le permettent : des expériences de démocratie directe, de budgets participatifs, de conseils citoyens sont engagées dans de nombreuses collectivités, dont, par exemple, la ville de Paris et ses arrondissements. D'autres pays les utilisent.

Le seul blocage à une mise en adéquation de notre système politique avec les évolutions rapides de nos sociétés développées tient à la volonté des dirigeants – économiques et politiques - de conserver jalousement leurs pouvoirs excessifs. Il est vrai qu'il n'existe aucun exemple de privilégié ayant un jour, spontanément, par souci éthique, renoncé à ses privilèges : la nuit du 4 août n'a pu avoir lieu que sous l'inquiétante pression des révolutionnaires. Mais il est tout aussi vrai qu'une révolution ne permet pas nécessairement d'obtenir ces avancées décisives pour l'avenir des peuples, du peuple français en tout cas : la Révolution de 1789 n'a pas, comme on l'admet naïvement, donné naissance à une démocratie mais à diverses oligarchies, royalistes, impériales ou républicaines.

Nous nous trouvons aujourd'hui dans un fonctionnement de l'État qui ressemble chaque jour davantage à l'Ancien régime : monarque et ses obligés, cour nobiliaire, aristocratie, gardes prétoriennes, petits marquis et barons, cercles de candidats rarement roturiers. La copie est conforme !

Et loin derrière, un peuple qui invente, découvre, excelle et se désole. Son rôle a été réduit à celui de machine à produire beaucoup et à consommer peu, quand l'essentiel des richesses et des pouvoirs est confisqué par une petite caste parasite qui lui parle à l'impératif.
L'arme dont dispose le peuple, pour répondre à la violence confiscatoire de l'État, est double : économique (arrêt de la production, réduction de la consommation, grèves) et politique (désobéissance civile, manifestations, refus de vote). La seule que nous n'avons pas utilisée de manière organisée est le refus, la grève du vote : une abstention massive et concertée.
Il est peut-être temps de montrer aux dirigeants la puissance du peuple autrement que par l'explosion de la violence : par la force du refus.

Un boycott citoyen de l'élection présidentielle aura pour premier effet la sidération du personnel politique, habitué à venir caresser le pelage du peuple quelques semaines avant le scrutin pour s'assurer de la qualité de la laine.



Un boycott de la présidentielle aura aussi pour effet de passer directement aux élections législatives, qui porteront ainsi un nouveau message : « Les grenouilles ne veulent plus d'un roi ! ». Il rétablira l'ordre calendaire normal de la république : le peuple ne gouverne pas à travers son président mais par ses représentants, libres de leur vote et non contraints par la volonté Élyséenne.
Un boycott enverra un message fort aux partenaires européens et aux oligarques de Bruxelles : « les Français sont pro-européens mais souhaitent rester souverains. » Aux peuples de concocter entre eux de nouvelles architectures politiques pour parvenir à concilier ces deux termes. Peut-être une fédération d'États souverains, peut-être autre chose. Les peuples ne manquent ni de volonté, ni de courage, ni d'imagination, contrairement aux «happy few».

De toute façon, qui croit sérieusement aujourd'hui, que l'élection d'un président, un homme comme les autres, quel qu'il soit, pourra répondre à l'ensemble des doléances, des frustrations, des volontés contradictoires, des exigences qui sourdent du cœur des peuples en de début de siècle ?

Personne, à part sans doute les candidats à cette élection inutile. Les naïfs. Les archaïques !