Il y a deux principes à comprendre :
• la classe dirigeante a rompu le contrat social avec nous, les classes populaires.• la classe dirigeante nous ment pour se maintenir au pouvoir.
1°) L'État profond, ce vaste "shadow-cabinet" qui dirige le pays, est constitué de hauts-fonctionnaires, d'élus et de groupes financiers, généralement peu connus du grand public. Il constitue une classe sociale homogène aux intérêts convergents et dispose de tous les leviers de décisions concernant le maintien de ses pouvoirs et privilèges exorbitants.
Le problème que posent les classes populaires est que leurs intérêts sont à l'opposé de ceux de la classe dirigeante : c'est à leurs efforts qu'elle doit son opulence ; il s'agit donc d'une captation, d'une confiscation des richesses que produisent les classes populaires.
Une sorte de vol légal, qui était jusque là la contrepartie acceptée pour la protection et la bonne gestion par l'État des affaires de la Nation.
Cette contrepartie n'existe plus.
L'État s'est autonomisé, désolidarisé des citoyens et il a rompu, unilatéralement, le contrat social.
Il s'est retourné contre ceux qu'il était censé protéger et qui le faisaient vivre - si grassement.
Il entend désormais les asservir. Les contrôler. Les gérer à son seul profit. Par la force si besoin, mais d'abord par les media, qu'il possède, et qui sont au Gouvernement ce qu'était le Clergé à la monarchie : "les saintes écritures, la parole qu'il faut croire".
Plus aucune orientation prise par l'État n'est en faveur des classes populaires. Plus aucune décision ne dépend de leur avis : la démocratie est devenue une enveloppe vide.
Ce même cénacle, en plus de diviser et de morceler en chapelles les forces populaires, doit présenter les actions du pouvoir sous des couleurs victorieuses et chatoyantes, pour espérer obtenir l'adhésion. En un mot, il faut cacher la réalité des désastres, enjoliver ce qui peut encore l'être, mentir éhontément sur tout le reste.
Et surtout ne JAMAIS avouer le moindre mensonge : tous les autres paraîtraient soudain suspects ! Il y a eu des millions de morts, certes, mais "le vaccin est sûr et efficace". La totalité des media cache désormais la réalité sous des tombereaux de mensonges, approximations, contre-vérités et fausses nouvelles. Les plus savoureux sont indéniablement les "sondages d'opinion" qui ont décollé verticalement dans des absurdités stratosphériques. Les "statistiques" tiennent une solide seconde place. Les"élections" sont hors concours.
Les classes populaires vivent donc dans un monde factice, frelaté, confus, disjoint du monde réel, ce qui les empêche tout simplement d'agir de façon rationnelle : difficile de construire une maison si on croit que deux et deux font cinq...
Je laisse à Nietzsche le soin de dire ce qu'il pense de l'État, dans le chapitre "la nouvelle idole". Il en parle mieux que personne.
C’est un mensonge ! Ils étaient des créateurs, ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus d’eux une foi et un amour : ainsi ils servaient la vie.
Ce sont des destructeurs, ceux qui placent des pièges pour le grand nombre et qui appellent cela un État : ils suspendent au-dessus d’eux un glaive et cent appétits.
Où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l’État et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois.
Je vous donne ce signe : chaque peuple a sa langue du bien et du mal : son voisin ne la comprend pas. Il s’est inventé ce langage pour ses coutumes et ses lois.
Mais l’État ment dans toutes ses langues du bien et du mal ; et, dans tout ce qu’il dit, il ment — et tout ce qu’il a, il l’a volé."
Ainsi parlait Zarathoustra.



